lundi 30 mai 2016

A ses yeux je n'étais qu'une potiche, qu'un ornement

J'ai mis du temps à comprendre c'est pour cela que j'ai eu si mal. J'aurais dû voir avant, cacher mon jeu et faire comme je l'entendais. J'ai tout fait comme je pouvais, des études et tout le tintouin et puis, il arriva un moment ou j'avais enfin les cartes en main, une embauche, un salaire, je démarrais quand même ma vie professionnelle.

C'était le moment pour moi de me tourner vers mon père, de lui demander son aide, son aide pour m'installer, pour m'installer enfin quelque part ailleurs que dans cette maison, ailleurs que dans sa maison, ailleurs que dans ce grenier ou j'habitais maintenant depuis plus de 10 ans.

J'ai donc annoncer à mon père que je souhaitais m'installer ailleurs que chez lui, dans un endroit à moi et qu'il devait tout naturellement m'aider soit à démarrer un crédit soit à acheter un bien. Il était propriétaire de nombreux biens immobiliers. Je pensais que j'avais également ma chance dans un legs, pourquoi pas, depuis les récentes lois. Lui avait bien hérité en ligne directe de sa grand mère de cette maison de banlieue dans laquelle nous habitions.

Il était donc obligé de dévoiler un peu son jeu, en tous cas de me répondre. Il me dit alors que je ne devrais pas avoir envie d'aller ailleurs que j'étais bien chez lui et que tout devait rester comme ça. Pourquoi changer... Je lui dit alors que ce que je souhaitais c'était fonder une famille, trouver ma compagne et lui faire des enfants que ce n'était pas possible dans un grenier ! Il me raconta alors que ce qu'il avait prévu, et j’eus l'impression de tomber dans le vide. Mon père avait prévu d'agrandir le grenier et d'aller jusqu'à y faire une cuisine. Inutile d'être architecte, il n'y avait tout simplement pas la place de faire quelque chose de confortable.

Cette révélation fut un basculement total. Donc, après tout ce temps, après toutes ces souffrances, en effet à l'époque l'université n'était pas comme aujourd'hui, c'était une sélection draconienne, nous étions peu à en sortir par le haut. J'avais un diplôme et un métier et tout ce que mon père m'offrait pour me lancer enfin dans la vie, c'était une cuisine dans un grenier !

J'aurais donc continué à vivre comme un rat mais comment une femme digne aurait-elle accepté cette situation, c'était impossible. Alors j'ai du menacer mon père de partir, de ne plus revenir et j'ai obtenu de m'installer dans la maison d'à côté qui lui appartenait. Je n'étais pas sauvé mais c'était un bol d'air frai. J'avais enfin desserré l'étau.

Mon père, n'avait donc pour moi aucune vision d'avenir que celle du rat qui vivait dans son grenier et pour lui, c'est cela qui devait perdurer.

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